noble

ÔĽŅ
noble

noble [ n…Ēbl ] adj. et n.
‚ÄĘ fin XIe; lat. nobilis
♦ Qui est au-dessus du commun. I ♦ (Sens génér.) Qui l'emporte sur les autres êtres ou objets de son espèce.
1 ‚ô¶ Litt√©r. Dont les qualit√©s morales sont grandes. ¬ę la nation la plus noble de la terre ¬Ľ (Joubert). ‚áí courageux, g√©n√©reux, magnanime. ‚ÄĒ Par ext. Qui est hautement appr√©ci√©, sur le plan moral. Nobles sentiments; actions nobles. ‚áí 1. beau, √©lev√©, g√©n√©reux, sublime. ¬ę sa vie, honorable entre toutes, ne connut que de nobles aspirations ¬Ľ (Gautier). Nobles causes. Le cheval, ¬ę la plus noble conqu√™te que l'Homme ait jamais faite ¬Ľ (Buffon).
‚ôĘ (1911; angl. noble art XVIIIe, noble science 1588) Le NOBLE ART : la boxe.
2 ‚ô¶ Qui commande le respect, l'admiration, par sa distinction, son autorit√© naturelle. ‚áí distingu√©, imposant, majestueux, olympien. Une ¬ę jeune fille, remarquablement belle, avec des traits nobles et r√©guliers ¬Ľ (Romains). ‚ÄĒ P√®re noble : au th√©√Ętre, r√īle d'homme d'un certain √Ęge et d'une gravit√©, d'une dignit√© souvent un peu outr√©es. Loc. fig. Jouer les p√®res nobles (dans la vie).
3 ‚ô¶ Qui a de la majest√©, une beaut√© grave, parfois un peu froide. Noble ordonnance d'un tableau. ‚ÄĒ Hist. litt√©r. (oppos√© √† bas). Genre, style noble, qui rejette les mots et expressions jug√©s vulgaires par le go√Ľt du temps. ‚áí √©lev√©, soutenu.
4 ‚ô¶ Se dit de ce qui est consid√©r√© comme sup√©rieur (dans certaines expr.). ‚ÄĒ Parties nobles : organes indispensables √† la vie (le cerveau, le cŇďur). ‚ÄĒ M√©taux nobles : m√©taux pr√©cieux, inalt√©rables √† l'air ou √† l'eau (argent, or, platine). ‚ÄĒ Mati√®res nobles, non synth√©tiques (le bois, la pierre, la laine, etc.). ‚ÄĒ ¬ę Les sp√©cialit√©s les plus ‚Äúnobles‚ÄĚ : √©lectronique, m√©canique, t√©l√©communications ¬Ľ (Le Monde, 1969).
II ‚ô¶
1 ‚ô¶ (1216) ¬ę Qui est √©lev√© au-dessus des roturiers par sa naissance, par ses charges, ou par la faveur du prince ¬Ľ (Fureti√®re) et appartient, de ce fait, √† une classe privil√©gi√©e (soci√©t√©s hi√©rarchis√©es, f√©odales, etc.) ou qui descend d'un membre de cette classe et peut en justifier (par des titres de noblesse).
2 ‚ô¶ N. (XIVe) Un noble, une noble (rare). ‚áí aristocrate, grand, seigneur. Les nobles. ‚áí noblesse. Noble ruin√©, qui cherche √† redorer son blason. Nobles de la suite du roi. ‚áí gentilhomme. Jeune noble de l'escorte d'un prince. ‚áí 2. page. Nobles de campagne. ‚áí hobereau, junker. Noble adoub√©. ‚áí chevalier. ‚ÄĒ Nobles d'Espagne (‚áí hidalgo, menin) , de Russie (‚áí boyard) , de la Rome antique (‚áí patricien) , d'Angleterre (‚áí lord) .
3 ‚ô¶ Qui appartient, qui est propre aux nobles, caract√©ristique de leur √©tat. Nom noble sans particule. √ätre de naissance, de race, de sang noble. Une Altesse ¬ę issue de la race la plus noble [...] , fille du prince de Parme, elle avait √©pous√© un cousin √©galement princier ¬Ľ (Proust).
‚äó CONTR. 1. Bas, commun, mesquin, vil. Familier. ‚ÄĒ Bourgeois, roturier, vilain.

‚óŹ noble adjectif et nom (latin nobilis) Qui appartient √† une cat√©gorie sociale par naissance ou d√©cision des souverains et jouit de certains privil√®ges. ‚óŹ noble (synonymes) adjectif et nom (latin nobilis) Qui appartient √† une cat√©gorie sociale par naissance ou d√©cision...
Synonymes :
Contraires :
‚óŹ noble adjectif Qui appartient √† un noble, √† la noblesse, par opposition √† roturier : Sang noble. Qui a de la dignit√©, de la grandeur, qui manifeste de l'√©l√©vation : De nobles sentiments. Qui suscite l'admiration, le respect par sa distinction, sa majest√© : Le langage noble. Se dit d'un animal dont le comportement est suppos√© digne : Le lion est un noble animal. Qui se distingue par sa qualit√© ; sup√©rieur : Un vin noble. ‚óŹ noble nom masculin Monnaie d'or frapp√©e, en Angleterre principalement, du XIVe au XVIe s. ‚óŹ noble (citations) adjectif Jean Dutourd Paris 1920 Acad√©mie fran√ßaise, 1978 Se calomnier soi-m√™me est la grande tentation des √Ęmes nobles. L'√āme sensible Gallimard Jean Rostand Paris 1894-Ville-d'Avray 1977 Acad√©mie fran√ßaise, 1959 Savoir reconna√ģtre l'humain jusque dans l'inhumain. L'ignoble est souvent du noble mal tourn√©. Carnet d'un biologiste Stock P√©trarque, en italien Francesco Petrarca Arezzo 1304-Arqua, Padoue 1374 La mort est fin d'une prison obscure pour les √Ęmes nobles ; elle est angoisse pour les autres, qui ont plac√© dans la fange toute leur sollicitude. La morte √® fin d'una pregione oscura all'anime gentili ; all'altre √® noia, ch'√†nno posto nel fango ogni lor cura. I Trionfi, II ‚óŹ noble (expressions) adjectif Danseur(euse) noble, artiste de la danse acad√©mique dont les r√īles comprennent des variations, des pas de deux, √† l'exclusion de la danse de caract√®re. Gaz noble, synonyme de gaz rare. M√©tal noble, m√©tal comme l'or et le platine, que l'on croyait incapable de se combiner avec l'oxyg√®ne. Vieux. Le noble art, la boxe. P√®re noble, m√®re noble, r√īle d'un personnage qui a de la gravit√© et de l'autorit√©. ‚óŹ noble (synonymes) adjectif Qui appartient √† un noble, √† la noblesse, par opposition √†...
Synonymes :
Contraires :
Qui a de la dignité, de la grandeur, qui manifeste...
Synonymes :
- distingué
- élevé
- éminent
- généreux
- h√©ro√Įque
- supérieur
Contraires :
- dégradant
- inf√Ęme
- méprisable
Qui suscite l'admiration, le respect par sa distinction, sa majesté
Synonymes :
- relevé
Contraires :
- bas
Se dit d'un animal dont le comportement est supposé digne
Synonymes :
Gaz noble
Synonymes :

noble
adj. et n.
d1./d Qui fait partie de la noblesse; dont les ancêtres appartenaient à cette classe.
|| Subst. Les privilèges des nobles.
d2./d Propre à ce groupe social, à ses membres. Un nom, un sang noble.
d3./d Qui a ou qui dénote des sentiments élevés, de la grandeur, de la distinction. Se montrer noble et généreux. Un maintien noble. Un style noble.
|| THEAT P√®re noble: r√īle de personnage digne et d'un certain √Ęge.
d4./d Supérieur aux choses de même catégorie. Métaux nobles: métaux précieux (or et platine), difficilement oxydables.

I.
‚áíNOBLE1, adj.
A. ‚ÄĒ[En parlant de qqn]
1. HISTOIRE
Rem. Sur l'usage actuel de noble et noblesse appliqués à une classe sociale, v. noblesse A rem.
a) [En France] Qui appartient, par naissance ou par anoblissement, √† une classe sociale exer√ßant √† l'origine le m√©tier des armes ou, plus tardivement, certaines charges, et en jouissant, en contrepartie, de certains privil√®ges. Familles nobles. Je ne suis pas noble, mais j'ai le coeur aussi haut plac√© que vous autres (THEURIET, Mariage G√©rard, 1875, p.212). L'homme noble n'admettait que deux occupations: la guerre et l'amour (VAILLAND, Dr√īle de jeu, 1945, p.104):
‚ÄĘ 1. Les conseillers du duc de Bourgogne, (...) en se plaignant de l'exception de cinq cents personnes, (...) d√©siraient savoir (...) si les nobles y pouvaient √™tre compris. On r√©pondit que l'exception ne s'appliquerait qu'√† des hommes non nobles, et que leur nom serait donn√© avant la Saint-Jean.
BARANTE, Hist. ducs Bourg., t.4, 1821-24, p.28.
♦Aussi noble que. Qui possède autant de quartiers de noblesse que:
‚ÄĘ 2. ... il √©tait bien le fils d'une famille de dieux, le chef des derniers de ces Guelfes, aussi puissants jadis que les Habsbourg, aussi nobles que les Bourbons. Cette longue suite d'a√Įeux lui revint d'un seul coup, en m√©moire: son grand-p√®re, le duc fameux par son Manifeste contre la France, Othon, le vaincu de Bouvines, l'empereur Henri le Lion, d√©poss√©d√©, mis au ban de l'Empire, et Witikind enfin, l'anc√™tre fabuleux, le plus grand des Saxons.
BOURGES, Crépusc. dieux, 1884, p.15.
‚ô¶Noble homme. Qualification prise par des bourgeois notables lors de la passation d'actes. Noble homme, damoiseau, et bourgeois, sont des qualit√©s donn√©es √† une m√™me personne dans des titres du quinzi√®me si√®cle (CHATEAUBR., √Čt. ou Disc. hist., t.3, 1831, p.310). J'ai retrouv√© l'acte de naissance d'une certaine Rose-Mariette Rezeau, fille de noble homme Claude Rezeau et de dame Rose Taugourdeau (H. BAZIN, Vip√®re, 1948, p.147).
‚ÄĒ Loc. et proverbes
‚ô¶Noble comme le roi. Qui est noble d'extraction de mani√®re incontestable. (Ds LITTR√Č, DG, Ac. 1798-1935).
♦Ou le roi n'est pas noble. [Deuxième volet d'une alternative, signifiant que le premier volet est incontestablement vrai.] Il est fou, ou le roi n'est pas noble (Ac. 1798-1878).
‚ÄĒ Emploi subst. La rigueur des anciennes ordonnances restreignit le droit de chasse √† la classe des nobles et des grands propri√©taires (JOUY, Hermite, t.4, 1813, p.182). Les m√©decins comme il faut ne parlent jamais m√©decine, les vrais nobles ne parlent jamais anc√™tres (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p.373). V. anobli ex. 3, anoblir ex. 1, noblesse ex. 11 et supra ex. 1:
‚ÄĘ 3. M. le Maire est gentilhomme par sa femme, n√©e demoiselle: voil√† pourquoi il nous tutoie et rudoie nous autres paysans, gens de peu, bons amis pourtant de feu son p√®re; il semble toujours avoir peur qu'on ne le prenne pour un de nous. S'il √©tait noble de son chef, nous le trouverions accostable. Les nobles d'origine sont moins fiers, nous accueillent au contraire, nous caressent, et ne ha√Įssent gu√®re qu'une sorte de gens, les vilains anoblis, enrichis, parvenus.
COURIER, Pamphlets pol., Gazette du village, 1823, p.188.
‚ô¶En partic. Nouveau noble. Celui qui a √©t√© anobli et n'est pas noble de naissance, par opposition au gentilhomme. Tous les rangs se confondaient: la noblesse, la bourgeoisie, le peuple. On ne s'inqui√©tait pas de savoir si vous √©tiez comte ou baron, mais bon valseur. Allez donc trouver un abandon pareil de nos jours! Depuis qu'on fait tant de nouveaux nobles, ‚ÄĒils ont toujours peur qu'on les confonde avec la populace (ERCKM.-CHATR., Ami Fritz, 1864, p.91).
b) [Hors de France] Qui appartient par naissance, fonction, élévation par le souverain, à une classe sociale jouissant de certaines prérogatives. Quatre jeunes gens des plus riches et des plus nobles familles de Rome les accompagnaient (DUMAS père, Monte-Cristo, t.1, 1846, p.449).
‚ÄĒ Emploi subst. En rev√™tant les fonctions de Prieur (1300), il trouva les nobles et les pl√©b√©iens rentrant en lutte sous les nouveaux noms de Noirs et de Blancs (OZANAM, Philos. Dante, 1838, p.64). Les citoyens libres √©taient les nobles de l'antiquit√© (TAINE, Philos. art, t.2, 1865, p.193).
2. [En parlant de qqc.]
a) Qui est propre aux nobles; qui leur est relatif. Sang noble. √Čtait-il un vulgaire aventurier ou, ce qui semble plus certain, un b√Ętard de tr√®s noble naissance (...)? (CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p.27).
‚ô¶Garde-noble.
b) Qui appartient √† un noble, √† une famille noble. Un colombier, une tourelle (...) indiquaient une demeure noble (RENAN, Souv. enfance, 1883, p.26). Divers petits m√©tiers, mais ambulants, passaient devant le noble h√ītel de Guermantes (PROUST, Prisonn., 1922, p.116):
‚ÄĘ 4. Aussi (...) M. d'Orgel regretta-t-il fort peu de voir la place prise par les Allemands. Leurs officiers le trait√®rent avec respect. Un nom noble leur en impose...
RADIGUET, Bal, 1923, p.32.
‚ÄĒ DR. F√ČOD. Biens nobles. Biens tenus en fief. (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892, DG, Ac. 1798-1935). ,,Biens francs et exempts de charges, que les gentilshommes pouvaient seuls poss√©der. On disait dans le m√™me sens Terre noble`` (Ac. 1935).
c) Qui est composé de nobles; qui est habité, occupé par des nobles. Il est toutefois certain que mes doctrines sur la liberté de la presse et contre le vasselage des étrangers donnèrent à la noble chambre cette popularité dont elle a joui tant qu'elle souffrit mes opinions (CHATEAUBR., Mém., t.3, 1848, p.12). Aussi est-il nommé, malgré sa jeunesse, colonel d'un régiment de gardes-nobles (FLAUB., Bouvard, t.1, 1880, p.128). Un quartier noble et riche (MAUPASS., Contes et nouv., t.2, Marquis de F., 1886, p.67).
‚ô¶Noble abbaye. Abbaye o√Ļ l'on n'admettait que des nobles. (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892, DG).
‚ô¶Le noble faubourg. Le faubourg Saint-Germain, √† Paris. J'y trouvai (...) environ deux douzaines de ces trochisques dont la conqu√™te m'avait fait faire le voyage du noble faubourg (BRILLAT-SAV., Physiol. go√Ľt, 1825, p.326). Il √©tait devenu aussi assidu chez madame de Grandlieu que l'aurait √©t√© un dandy nouvellement admis dans les cercles du noble Faubourg (BALZAC, Gobseck, 1830, p.382). Les amendes s'abattirent sur la presse d'opposition. Pour ne pas dispara√ģtre, les petits journaux l√©gitimistes qu√™t√®rent dans le noble faubourg (COSTON, A.B.C. journ., 1952, p.19).
3. P. anal.
a) [En parlant de ce qui est naturel] Qui est supérieur au reste de la catégorie, de l'ensemble, de l'espèce; qui présente, possède certaines qualités considérées comme essentielles ou supérieures.
‚ÄĒ [En parlant d'animaux] Une dent de chaque c√īt√© ajoute beaucoup √† la force d'un tel bec. C'est pourquoi les faucons, cresserelles et hobereaux passent pour des oiseaux nobles et plus courageux que les oiseaux de proie qui n'ont pas cette dent (CUVIER, Anat. comp., t.3, 1805, p.194):
‚ÄĘ 5. Un des chapitres les plus remarquables de l'immortel ouvrage de M. de Buffon est celui du cheval. Cet √©loquent √©crivain le repr√©sente comme la plus belle conqu√™te que l'homme ait faite sur la nature; et personne, apr√®s avoir lu sa brillante description des moeurs de ce noble animal, ne s'√©tonne du rang que son historien lui assigne.
JOUY, Hermite, t.4, 1813, p.200.
[P. allus. √† Buffon] La plus noble conqu√™te de l'homme. Le cheval. Est-il besoin d'insister pour d√©montrer les avantages de propret√© et d'√©conomie que pr√©sente la traction √©lectrique sur... ¬ęla plus noble conqu√™te de l'homme¬Ľ, nous avons nomm√© le cheval? (SOULIER, Gdes applic. √©lectr., 1916, p.140):
‚ÄĘ 6. ... il fut tout de suite regard√© comme un animal sup√©rieur et, d√®s sa domestication, affect√© non aux besognes serviles du transport, mais aux aristocratiques occupations de la guerre. Quelle diff√©rence, en effet, entre ¬ęla plus noble conqu√™te de l'homme¬Ľ et le mis√©rable onagre, qui n'est, apr√®s tout, qu'un √Ęne sauvage!
P. ROUSSEAU, Hist. transp., 1961, p.22.
‚ô¶FAUCONN. Oiseaux de proies nobles. Oiseaux qui peuvent √™tre dress√©s pour la chasse, le haut vol. (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892, Lar. Lang. fr.).
‚ô¶√ČQUIT. [En parlant du cheval] Qui a de la beaut√© dans les formes, surtout dans l'avant-main (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892, Lar. Lang. fr.).
‚ÄĒ [En parlant de qqc.] Un corps radioactif est d'autant plus noble au point de vue √©lectro-chimique qu'il est √©loign√© dans la s√©rie des d√©sint√©grations radioactives (Le Radium, 1912, p.356). Le go√Ľt d'Orsenna pour les mat√©riaux massifs et nobles, pour les granits et les marbres (Gracq, Syrtes, 1951, p.75).
OENOL., VITIC. Vin noble. Vin qui b√©n√©ficie d'une appellation d'origine contr√īl√©e (d'apr. REN. Vin, 1962). C√©page noble. C√©page dont est issu ce vin. Ceci peut √™tre obtenu en poursuivant (...) l'am√©lioration de la qualit√© des c√©pages d√©fectueux ou, ce qui revient au m√™me, de la productivit√© des c√©pages nobles qui sont trop souvent abandonn√©s en raison de leur production trop faible (LEVADOUX, Vigne, 1961, p.121).
♦Gaz nobles. Gaz rares de l'atmosphère. (Dict. XXe s.).
‚ô¶M√©taux nobles. M√©taux pr√©cieux comme l'or, l'argent, qui ne s'alt√®rent pas au contact de l'air, du feu. L'installation [de l'affinerie de M. M. Richard, √† Lyon] comprend deux parties: une pour le traitement du cuivre, l'autre pour le traitement des m√©taux nobles (H. FONTAINE, √Člectrolyse, 1885, p.304). [Le d√©p√īt au tremp√©] pr√©sente peu d'int√©r√™t pour les m√©taux r√©put√©s nobles (GASNIER, D√©p√īts m√©tall., 1927, p.420).
‚ô¶ANAT., vieilli, litt√©r. Parties nobles. Organes humains essentiels tels que le cerveau, le coeur, le foie et √©galement les parties g√©nitales. La colonne qui soutient, comme un temple, l'√©difice animal, est vert√©br√©e, les parois qui d√©fendent les organes nobles, sont form√©es de c√ītes (PROUDHON, Cr√©at. ordre, 1843, p.102). Elle ne remarque pas (...) que le geste s'est op√©r√© vers la droite, et non pas √† gauche, o√Ļ bat le noble visc√®re (ARNOUX, Solde, 1958, p.212):
‚ÄĘ 7. Le docteur est venu, a vu mon fr√®re. Les blessures de la t√™te sont insignifiantes (...). Il n'en est pas de m√™me des parties nobles (j'avoue que, lorsqu'elle [la sup√©rieure de l'h√īpital] parle des parties nobles [it. ds le texte], elle m'en fiche un bon coup)...
GIONO, Gds chemins, 1951, p.177.
‚ô¶Vieilli
Le genre (le plus) noble. En grammaire, le genre qui l'emporte sur un autre pour l'accord (en fran√ßais, le masculin par rapport au f√©minin). (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892, Ac. 1935, ROB., Lar. Lang. fr.).
Noble-√©pine. Synon. de aub√©pine. (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892).
b) [En parlant d'un produit fabriqu√© ou d'une technique] Qui est d'une grande technicit√©; qui est d'un haut degr√© de perfectionnement. L'acquisition d'armes ¬ęnobles¬Ľ qui transforment cette arm√©e en instrument de prestige (Le Monde, 29 oct. 1966 ds GILB. 1971). Les sp√©cialit√©s les plus ¬ęnobles¬Ľ: √©lectronique, m√©canique, t√©l√©communications (Le Monde, 13sept. 1969 ds GILB. 1971).
B. ‚ÄĒAu fig.
1. [En parlant de qqn, des sentiments et des actions d'un être humain] Noble ami; noble créature; noble vieillard.
a) Qui est exempt de vulgarité; qui dénote des sentiments élevés, qui a de la distinction dans son allure, son comportement, sa personnalité. Noble visage; nobles paroles. Cette physionomie, naturellement si noble, devint basse (RESTIF DE LA BRET., M. Nicolas, 1796, p.151). Saruilles resta au pressoir comme de coutume, empilant à la pelle sur la plate-forme les couches de raisins foulées au pied (...), et sa face rasée, une noble figure encore, au profil droit, s'animait devant l'abondance des fruits (PESQUIDOUX, Livre raison, 1928, p.100).
b) Qui est exempt de bassesse; qui a, qui manifeste de la dignit√©, de la g√©n√©rosit√©, de la grandeur dans sa pens√©e, dans sa conduite. Nobles √Ęmes; nobles sentiments. Les grandes causes demandent des hommes sup√©rieurs, de nobles coeurs, de grandes √Ęmes. L'√©l√©vation de pens√©e et de caract√®re, voil√† ce qu'il nous faudrait (AMIEL, Journal, 1866, p.276). Le comte d'Orgel (...) n'acceptait jamais la moindre invitation, le moindre cadeau, sans le signe ext√©rieur du plaisir, le propre d'une nature noble √©tant de ne pas imaginer que tout lui est d√Ľ, ou du moins de cacher qu'elle le croit (RADIGUET, Bal, 1923, p.52):
‚ÄĘ 8. Cet homme (...) se reprenait √† croire au moins en la patrie. Il en faisait une religion, une foi. Il lui sacrifiait de bon coeur sa fortune, comme il lui e√Ľt donn√© sa vie. Il ne raisonnait plus, il se donnait. Et cela lui cr√©ait presque une morale. Il en devenait meilleur, plus noble. Toute sa conduite en changeait, comme celle un peu d'un nouveau converti. Quelle qu'elle soit, (...) une id√©e g√©n√©reuse rehausse l'√Ęme.
VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p.142.
‚ÄĒ TH√Č√āTRE. P√®re noble. Personnage d'un certain √Ęge et de belle prestance, √† l'air grave et imposant. Puis, se calmant, t√Ęchant d'attraper une dignit√© de p√®re noble (...) il ajouta... (ZOLA, Nana, 1880, p.1203). Bellechut conduisit directement Arthur √† sa place et s'inclina vers son voisin, sexag√©naire √† l'allure de p√®re noble (H. BAZIN, T√™te contre murs, 1949, p.76):
‚ÄĘ 9. Il jouait les p√®res nobles, les ventrus, les rondeurs; mais il aurait voulu jouer les philosophes, les sentencieux, les saints, les sages et m√™me les rois tragiques, les princes d√©poss√©d√©s. Par malheur, √† peine entrait-il en sc√®ne, il produisait de merveilleux effets comiques.
DUHAMEL, Suzanne, 1941, p.14.
2. [En parlant de qqc.]
a) Qui n'est pas trivial; qui est exempt de vulgarité; qui est naturellement élevé; qui dégage une impression de grandeur, de majesté. Mots nobles. [Le marquis d'Argenson] n'a pas d'élévation, au moins continue; il se passe à tout moment des trivialités d'expression qui font de son langage l'opposé du langage noble et digne (SAINTE-BEUVE, Caus. lundi, t.12, 1855, p.110). Notre costume est bien étroit et bien artificiel comparé à l'ampleur simple et noble du costume antique (RENAN, Avenir sc., 1890, p.464).
‚ô¶Style noble. Style soutenu employant les termes √©lev√©s et rejetant tout mot consid√©r√© comme bas ou vulgaire. Anton. style bas, familier. Mots nobles. Les discours de M.Leuwen (...) n'√©taient pas √©lev√©s, n'affectaient point de gravit√©, c'√©tait du bavardage de soci√©t√© piquant et rapide, et M. Leuwen n'admettait jamais la p√©riphrase parlementaire. ‚ÄĒLe style noble me tuerait, disait-il un jour √† son fils. D'abord, je ne pourrais plus improviser (STENDHAL, L. Leuwen, t.3, 1835, p.230):
‚ÄĘ 10. ... le milieu du si√®cle pass√© est une √©poque climat√©rique pour le style noble (...). On y voit dans les livres et les discours, se faire de plus en plus rare et de moins en moins tol√©rable, l'aveu explicite des sentiments les plus √©lev√©s. Il semble qu'une sorte de pudeur de nouvelle esp√®ce leur interdise de plus en plus de se d√©clarer, cependant que les sensations, les passions, les int√©r√™ts mat√©riels deviennent, au contraire, les objets exclusifs de la litt√©rature...
VAL√ČRY, Vari√©t√© IV, 1938, p.169.
‚ô¶Le noble art. La boxe. (Ds PETIOT 1982). La boxe (...) engage l'homme et le sanctionne dans une √©mouvante figure: le K.-O. Si certains y voient la plus bestiale atteinte √† la dignit√© humaine, d'autres y trouvent une sensible expression esth√©tique. C'est dans ce dernier sens qu'on a pu parler de ¬ęnoble art¬Ľ (M.RUDETZKI, La Boxe, Paris, P.U.F., 1974, p.5).
b) BEAUX-ARTS, ARCHIT. Qui a des lignes régulières; qui se distingue par l'élégance de ses formes, par l'équilibre de ses proportions et la simplicité de l'ornementation; qui a des caractères empreints de régularité, de majesté, d'ampleur. Lorsque l'ogive parut dans le monde, elle ne réussit d'abord à se faire employer que dans les églises du second ordre (...) c'était le plein cintre qu'on employait comme étant la forme noble (STENDHAL, Mém. touriste, t.2, 1838, p.341). Le palais Vandramin est d'une riche et noble architecture (GAUTIER, Italia, 1852, p.276).
c) Perfectionn√©, d'excellente qualit√©, de haut niveau (d'apr. GILB. 1980). Ce qu'on appelle le ¬ętertiaire noble¬Ľ: si√®ges sociaux, banques, universit√©s, presse, etc. (Les Lettres fr., 1avr. 1970 ds GILB. 1980). Un lyc√©e classique, avec l'√©ventail des sections ¬ęnobles¬Ľ, A, B, C et D (Le Monde, 21janv. 1976 ds GILB. 1980).
d) Emploi subst. masc. sing. √† valeur de neutre. Ce qui est √©lev√©, d√©nu√© de vulgarit√©; ce qui se distingue par sa qualit√©, sa puret√©, son harmonie, sa majest√©. Les anciens (Hom√®re) ont souvent port√© le familier dans le noble, et les modernes ont souvent port√© le noble dans le familier, t√©moin La Fontaine (CH√äNEDOLL√Č, Journal, 1807, p.26). Elle parlait avec d√©dain de ces filles du peuple comme ignorant le noble et le fin de la passion (SAINTE-BEUVE, Nouv. lundis, t.6, 1863, p.176). Le dernier mot de la Renaissance avait √©t√© dit sous Louis XV, et une r√©action s'√©tait faite. On avait pouss√© le noble jusqu'au fade, et la puret√© jusqu'√† l'ennui. La pruderie existe en architecture (HUGO, Quatre-vingt-treize, 1874, p.171).
REM. 1. Nobilissime, adj. et subst. a) Emploi adj., hist. romaine. Qualificatif honorifique port√© par les membres de la famille imp√©riale au Bas-Empire et par certains dignitaires auxquels l'empereur la d√©cernait. (Dict. XIXe s. dont Ac. 1798-1878). b) Emploi subst. )Hist. romaine. Titre inf√©rieur √† celui de c√©sar, cr√©√© par Constantin au Bas-Empire et conf√©rant √† son titulaire le droit de porter la pourpre. Le nobilissime √©tait inf√©rieur au c√©sar, il avait le pas sur le patrice (Ac. 1798-1878). ) Hist. Celui qui devait √† sa naissance, et non √† son savoir, d'√™tre premier de la licence ou du cours de th√©ologie de Sorbonne. (Ds Ac. 1835, 1878, LITTR√Č, GU√ČRIN 1892). 2. Noblifier, verbe trans., p√©j. Synon. de ennoblir. Lorsqu'une fois on a √©crit un trait de passion, il n'y a rien √† corriger. Par exemple (...) apr√®s avoir √©crit (...) en noblifiant la chose comme Shakespeare: ¬ęOn dit qu'il est une noble race de chevaux¬Ľ, etc., il n'y a rien √† ajouter ou √† retrancher (STENDHAL, Journal, 1805, p.40). 3. Noblifieur, subst. masc., rare. Celui qui noblifie. Le Puget a os√© donner du ventre √† son saint S√©bastien (...) il a outr√© une bonne id√©e, par exc√®s de m√©pris pour les noblifieurs (STENDHAL, M√©m. touriste, t.2, 1838, p.443).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. √Čtymol. et Hist. I. Qui l'emporte, est au-dessus des autres par sa qualit√©, sa valeur, ses m√©rites A. 1. ca 1050 d'une personne (St Alexis, √©d. Chr. Storey, 40: ...filie d'un noble Franc); ca 1100 (Roland, √©d. J. B√©dier, 467: Dient paien: ,,Noble baron ad ci!``); ca 1179 subst. nom propre (Renart, √©d. M. Roques, 7: En la cort Noble le lion); 3e quart XVe s. subst. (GEORGES CHASTELLAIN, Exposition sur v√©rit√© mal prise ds OEuvres, √©d. Kervyn de Lettenhove, t.6, p.311); 2. 1160-74 ¬ę(d'un cheval) franc, magnifique¬Ľ noble palefroi (WACE, Rou, √©d. A.J. Holden, II, 3038); 3. 1314 membre noble (Chirurgie de H. de Mondeville, 1900 ds T.-L.). B. D'un inanim√© 1. a) ca 1165 noble chevalerie (BENO√éT DE STE-MAURE, Troie, 28428 ds T.-L.); id. la noble cit√© de Troie (ID., op. cit., 22982, ibid.); 1280 fame de noble parage (Clef d'Amors, 250, ibid.); 1370-72 noble science (ORESME, Ethiques, Prol., √©d. A.D. Menut, p.101); b) 1176 sepolture riche et noble (CHR√ČTIEN DE TROYES, Clig√®s, √©d. A. Micha, 6043); 1174-87 nobles chastiax (ID., Perceval, √©d. F. Lecoy, 6422); c) ca 1210 ¬ęinspir√©, sugg√©r√© par la grandeur morale¬Ľ noble contenance (GUIOT DE PROVINS, Bible ds OEuvres, √©d. J. Orr, 1513); ca 1485 noble querelle (Myst√©re du viel Testament, √©d. J. de Rothschild, 44304); d) 1370-72 langage noble (ORESME, op. cit., Prol., p.101); 1674 (BOILEAU, Art po√©tique, I ds OEuvres, √©d. F. Escal, p.159: le stile le moins noble a pourtant sa noblesse); 2. 1360, 8 mai numism. v. noble2. II. Qui appartient √† la classe de la soci√©t√© r√©put√©e √©minente 1. a) 1216 (charte, Cambrai ds E. TAILLIAR, Recueil d'actes en langue wallonne, p.54: se ly bourgois ne paye au chevalier ou a noble homme...); XVe s. [ms.] noble homme d'assise, synon. de baron (Ordonnance dite de Jean II ds √Čtablissements de St Louis, √©d. P. Viollet, t.3, p.194); b) 1369-72 subst. (Chron. norm. du XIVe s., √©d. A. et √Č. Molinier, p.132 [1358]: En ce temps s'assemblerent les nobles de plusieurs contr√©es); 2. 1495, 16 mars en parlant d'une terre heritage noble (Coutume de Sens ds Nouv. coutumier g√©n., √©d. Ch. A. Bourdot de Richebourg, t.3, p.499b); 3.1509, 29 oct. garde noble (Coutume du bailliage de Troyes, ibid., p.240b). Empr. au lat. nobilis (de noscere ¬ęconna√ģtre¬Ľ proprement ¬ęce que l'on peut conna√ģtre¬Ľ), de l√† 1 ¬ęconnu; bien connu, fameux (d'une personne, d'une chose)¬Ľ; p. ext.2 ¬ęde famille noble, de naissance noble, noble¬Ľ, subst. nobiles ¬ęles nobles, la noblesse¬Ľ (la nobilitas comprenant les patriciens, les pl√©b√©iens arriv√©s aux magistratures curules et leurs descendants; v. Paulys Realencyclop. der classischen Altertumswissenschaft, t.17, 1937, col. 785 sqq.). De 1, le premier empr. I; II para√ģt plus sp√©c. empr. au lat. m√©di√©v., qui, d'abord employ√© en parlant de l'aristocratie de sang chez certains peuples germ. (501-518 Lex Burgundionum ds NIERM.), est devenu synon. de liber, ingenuus (720 Leges Liutprandi regis Langobardorum, ibid.), puis d√©signa la noblesse f√©odale (1012-23, ibid.); sur l'origine et l'√©volution du mot nobilis √† partir du IXe s., v., entre autres, M. PARISSE, La noblesse lorraine, XIe-XIIIe s., th√®se, Nancy, 1976, pp.228 sqq. Le synon. a. fr. nobile (ca 1100 nobilie, Roland, 3690; ca 1135 nobile, Couronnement de Louis, √©d. Y. G. Lepage, r√©d. AB, 593 ainsi que r√©d. C, 342) est, soit issu, par voie demi-savante, par l'interm√©diaire de nobilie, d'une forme lat. nobilius (THOMAS A., Essais, p.79; FOUCH√Č, p.942), soit issu de nobilis avec changement d'accentuation √† l'√©poque gallo-rom. (v. V√Ą√ĄN., ¬ß 48), nobilie n'√©tant qu'une forme isol√©e (FEW t.7, p.160b).
D√ČR. 1. Noblaillerie, subst. f√©m., p√©j. D√©sir de para√ģtre noble; pr√©tention √† la noblesse (chez une personne qui n'est pas noble). Il y avait une touche de noblaillerie chez les Le Pesnel (DRIEU LA ROCH., R√™v. bourg., 1937, p.80). ‚ÄĒ []. ‚ÄĒ 1re attest. 1937 id.; de noblaille ¬ęnoblesse ab√Ętardie¬Ľ (1823, BOISTE Add.); de noble11, suff. -aille, suff. -erie. 2. Noblaillon, subst. masc., p√©j. Personnage de petite noblesse ou de noblesse douteuse. Synon. p√©j. de nobliau. Il d√©clara aux jeunes paysannes qui connaissaient le plain-chant que l'on chanterait d√©sormais des cantiques (...) pouss√© par les noblaillons du cr√Ľ, il enleva de ce village cette senteur de hameau moyen √Ęge qu'il exhalait (...) et il transforma ce pays (...) en un lieu comme un autre o√Ļ l'on brailla dans l'√©glise des rigaudons (HUYSMANS, Oblat, t.2, 1903, p.6). L'empire des noblaillons l√©gitimistes et des curaillons ultramondains (ARNOUX, Roi, 1956, p.305). ‚ÄĒ [], [-a-]. ‚ÄĒ 1re attest. 1874 terme de m√©pris (Lar. 19e), 1903 (HUYSMANS, loc. cit.); de noblaille, v. noblaillerie, suff. -on1.
BBG. ‚ÄĒDUB. Pol. 1962, p.353. ‚ÄĒDUCH. Beaut√© 1960, pp.133-134. ‚ÄĒGOUGENHEIM (G.). Le Sens de noble et de ses d√©r. chez R. de Clari. Rom. Philol. 1950, t.3, pp.270-272. ‚ÄĒREINH. 1963, p.76. ‚ÄĒVARDAR Soc. pol. 1973 [1970], p.273.
II.
‚áíNOBLE2, subst. masc.
Monnaie d'or frapp√©e en Angleterre aux XIVe et XVe si√®cles et ayant eu cours √©galement en France durant le XVe si√®cle. Pour qui, r√©ponds, Clifford, ai-je hier rembours√© Quatre cent nobles d'or au rabbin Manass√©? (HUGO, Cromw., 1827, p.93). √Čdouard (...) lui donna les cent nobles promis et un roussin (CHATEAUBR., √Čt. ou Discours hist., t.4, 1831, p.77). Il ouvrit le coffre plein d'angelots, de florins, d'esterlins, de nobles, de couronnes d'or (...) et de toutes monnaies chr√©tiennes et sarrasines (A. FRANCE, Contes Tournebroche, Mir. pie, 1908, p.41).
‚ÄĒ Noble √† la rose. Noble frapp√© d'une rose, embl√®me de la maison d'York ou de Lancastre. Il lui arriva d'√™tre vol√© par sa servante de quelques doublons, ducassons, nobles √† la rose et autres belles pi√®ces d'or (A. FRANCE, Opinions Coignard, 1893, p.268):
‚ÄĘ ‚ô¶ Tu m'as donn√© ton arc, je t'ai donn√© le mien. Je ne l'aurais jamais donn√© √† personne d'autre, m'e√Ľt-on offert autant de nobles √† la rose qu'il a lanc√© de fl√®ches.
M√ČRIM√ČE, Jaquerie, 1828, p.212.
‚ô¶Proverbe. Un noble, s'il n'est √† la rose, vaut parfois bien peu de chose. La noblesse, si elle n'est accompagn√©e de richesse, n'a que peu de valeur, n'offre que peu d'int√©r√™t. (Ds LITTR√Č, GU√ČRIN 1892).
‚ÄĒ Noble Henri. Noble qui, de valeur un peu moindre que le noble √† la rose, eut cours en France sous les premiers Valois. (Ds Ac. Compl. 1842, BESCH. 1845, Lar. 19e-20e).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1878. √Čtymol. et Hist. 1360, 8 mai (Trait√© de Br√©tigny ds ISAMBERT, Recueil g√©n. des anc. lois fr., t.5, p.83: le Roy de France paiera au Roy d'Engleterre III millions d'escus d'or; dont les II valent un noble, de la monnoye d'Engleterre [ran√ßon de Jean le Bon]); fin XIVe s. noble (FROISSART, Chron., √©d. S. Luce, I, ¬ß 268, t.3, p.160, 15 [1346]; I, ¬ß 688, t.8, p.36, 14 [1372]); 1482 nobles d'or (Bordeaux, Arch. Gir., 50, 13 d'apr. K. BALDINGER ds M√©l. Flasdieck [H.M.], Heidelberg, 1960, p.46). Empr. √† l'angl. noble, nom d'une monnaie d'or √©tablie par √Čdouard III vers 1340-1343 (A. BLANCHET et A. DIEUDONN√Č, Manuel de numism. fr., t.2, p.119; 1347 lat. m√©di√©v. nobilis ds LATHAM; 1362 angl. noble ds NED), pass√© dans le fr. du Sud-Ouest (supra) et l'occitan des pays d'oc sous la domination angl. ou des r√©gions √©troitement limitrophes (XIVe s. Montauban, Comptes des fr√®res Bonis, √©d. E. Foresti√©, gloss. [la r√©f. II, 546 est inexacte]; 1369 Comptes consulaires d'Albi, √©d. A. Vidal et A. Jeanroy, gloss.; 1414 Bordeaux Jur. Bord., 2, 8; 1434 Bayonne Et. Bay., 302, 311 d'apr. K. BALDINGER, loc. cit.).
STAT. ‚ÄĒNoble1 et 2. Fr√©q. abs. litt√©r.:8452. Fr√©q. rel. litt√©r.:XIXe s.: a) 18936, b) 13289; XXe s.: a) 10192, b) 6534.

noble [n…Ēbl] adj. et n.
√ČTYM. V.¬†1050; du lat. nobilis ¬ę connu, c√©l√®bre ¬Ľ.
‚ĚĖ
♦ Qui est au-dessus du commun; qui se distingue par certains caractères de grandeur, de supériorité.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
I (Sens général). Qui l'emporte sur les autres êtres ou objets de son espèce.
1 Litt√©r. Dont les qualit√©s morales, intellectuelles sont grandes. ‚áí Grand. || En quoi l'homme (cit.¬†52) est noble. || ¬ę Ils sont nobles, au sens de l'√©lite ¬Ľ (‚Üí G√©n√©reusement, cit.¬†2, Suar√®s). || ¬ę Le peuple espagnol (cit.¬†2) se regarde comme la nation la plus noble de la terre ¬Ľ (Joubert). ‚áí G√©n√©reux, magnanime. || CŇďur (cit.¬†96) noble. || √āmes nobles et fermes (1. Ferme, cit.¬†9). ‚ÄĒ Litt√©r. (Av. le nom). || Noble esprit (‚Üí L√©gitime, cit.¬†7). || Noble caract√®re. ‚áí Courageux. ‚ÄĒ Par anal. || Le lion est le plus noble de tous les animaux. ‚ÄĒ Litt√©r. || Noble, nom du lion dans le Roman de Renart.
1 Pauline a l'√Ęme noble, et parle √† cŇďur ouvert¬†(‚Ķ)
Corneille, Polyeucte, II, 2.
‚ô¶ Par ext. Souvent avant le nom. (En parlant des sentiments et des actes humains). Qui est hautement appr√©ci√©, sur le plan moral. ‚áí Beau (I., B., 1.), √©lev√©, g√©n√©reux, haut, relev√©, sublime. || Nobles sentiments (‚Üí √Člever, cit.¬†23). || Noble bravoure, noble orgueil. ‚áí Fier (‚Üí Honorer, cit.¬†24). || Noble courroux (‚Üí Col√®re, cit.¬†1, Corneille). ‚ÄĒ Nobles aspirations. ‚áí √Čth√©r√©. || Nobles go√Ľts (‚Üí Extirper, cit.¬†3). ‚áí Auguste, magnifique. || Nobles exploits (‚Üí Attentif, cit.¬†3), nobles projets (‚Üí 1. Fin, cit.¬†26), noble t√Ęche (‚Üí Acad√©mie, cit.¬†6). || Le m√©tier (cit.¬†21) de roi est grand et noble. || Causes nobles. ‚áí Digne (‚Üí Exalter, cit.¬†16). || Action (cit.¬†22) noble. || Tenir de nobles discours. ‚ÄĒ ¬ę Le cheval (cit.¬†1), la plus noble conqu√™te que l'homme ait jamais faite ¬Ľ.
2 J'avouerai que br√Ľlant d'une noble chaleur,
Je vais contre Alexandre éprouver ma valeur.
Racine, Alexandre le Grand, I, 2.
3 (…) sa vie, honorable entre toutes, ne connut que de nobles aspirations : la foi, la pensée, le travail, la reconnaissance l'occupèrent jusqu'au dernier moment.
Th. Gautier, Portraits contemporains, Ary Scheffer.
4 Il n'√©tait pas bien √† craindre que cette recrue de vieilles femmes fortifi√Ęt beaucoup les troupes des √©migr√©s. Il e√Ľt √©t√© plus noble √† elles, sans doute, de s'obstiner √† partager le sort de leur neveu, les mis√®res et les dangers de la France.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., IV, IX.
5 Nous serons tous vaincus par la mort, mais nous aurons fait de notre existence un emploi noble ou vil, suivant notre courage.
A. Maurois, le Cercle de famille, III, XVII.
♦ (1911; angl. noble art, XVIIIe; noble science, 1588). || Le noble art : la boxe.
‚ô¶ (En parlant d'animaux). Dont le comportement est franc.
6 (…) sa colère est noble, son courage magnanime, son naturel sensible (…) À toutes ces nobles qualités individuelles, le lion joint aussi la noblesse de l'espèce;
Buffon, Hist. naturelle des animaux, ¬ę Le lion ¬Ľ.
‚ô¶ Cheval noble, qui a de la distinction dans les formes.
♦ Iron. ou par antiphrase (vieilli et stylistique) :
7 D'un courage naissant sont-ce là les essais ?
Quels triomphes suivront de si nobles succès !
Racine, Iphigénie, I, 2.
2 (Plus souvent apr√®s le nom). Dans l'ordre du comportement ou de l'aspect physique. Qui commande le respect, l'admiration, par sa distinction, son autorit√© naturelle. || Femme (cit.¬†36) noble dans toute sa personne. ‚áí Imposant (cit.¬†2). || Gentleman (cit.¬†1) √† la noble prestance, au port noble. ‚áí Majestueux, olympien. || Une beaut√© noble et imposante (‚Üí Expirer, cit.¬†6). || Air, allure, mani√®res (cit.¬†44) nobles. ‚áí Distingu√© (‚Üí Ambassadeur, cit.¬†3). || Figure noble (‚Üí √āge, cit.¬†38). || Noble front (‚Üí Gracieux, cit.¬†8). ‚ÄĒ Ton noble.
8 (…) une toute jeune fille, remarquablement belle, avec des traits nobles et réguliers (…)
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. IV, XIII, p. 139.
9 Elle prenait des mani√®res √† la fois hypocrites et nobles, dispensait des paroles insignifiantes comme l'e√Ľt pu faire une reine, et rendait la monnaie avec un air de munificence¬†(‚Ķ)
J. Green, Léviathan, I, III.
‚ô¶ ‚ėĎ Th√©√Ętre. P√®re noble¬†: r√īle d'homme d'un certain √Ęge et d'une gravit√©, d'une dignit√© souvent un peu outr√©es. || Jouer les p√®res nobles.
10 Il conduisit Christophe au Th√©√Ętre-Fran√ßais. ‚ÄĒ On jouait, ce soir-l√†, une com√©die moderne, en prose¬†(‚Ķ) Les voix des acteurs √©taient d√©mesur√©ment amples¬†(‚Ķ) Le p√®re noble marchait d'un pas de ma√ģtre d'armes, avec une dignit√© fun√®bre, un romantisme en habit noir.
R. Rolland, Jean-Christophe, La foire sur la place, I, p. 710.
3 Littér., arts. Qui a de la majesté, une beauté grave. || Noble ordonnance d'un tableau, d'un groupe sculpté. || Langue, prose noble (→ Emphase, cit. 5; emploi, cit. 3).
11 Qu'y a-t-il de plus noble que ces mémoires de M. le vice-amiral comte d'Estrées, pages toutes empreintes du grand langage du dix-septième siècle ?
Th.¬†Gautier, Souvenirs de th√©√Ętre, ¬ę Eug√®ne Sue ¬Ľ, II.
4 (1647). Apr√®s le nom, sauf exceptions (par oppos. √† bas). Litt√©r. (Surtout en parlant de la litt√©r. class.). || Genre (cit.¬†18) noble (‚áí H√©ro√Įque), style noble (‚áí √Člev√©, soutenu), qui rejette les mots et expressions jug√©s vulgaires par le go√Ľt du temps (‚Üí Malgracieux, cit.¬†1). || Mot noble (‚Üí Fleuve, cit.¬†1), trop noble (‚Üí Horreur, cit.¬†11; ‚Üí aussi ci-dessous, cit.¬†16, Hugo, par m√©taphore). || Terme noble (‚Üí Mis√®re, cit.¬†2).
12 J'ai vu les enfants, dans les familles riches de Paris, employer toujours la tournure la plus ambitieuse pour arriver au style noble, et les parents applaudir à cet essai d'emphase. Les jeunes Parisiens diraient volontiers coursier au lieu de cheval, de là leur admiration pour MM. de Salvandy, de Chateaubriand, etc.
Stendhal, Vie de Henry Brulard, 29.
13 Ces fragments, aux nobles alexandrins, n'ont que ce mérite (…) de montrer à quel point Musset, vieillissant, se préoccupait de revenir au classique pur, et l'on peut même dire à la tradition racinienne.
√Čmile Henriot, les Romantiques, p.¬†180.
5 (1562). Apr√®s le nom. Se dit de ce qui est consid√©r√© comme sup√©rieur (dans certaines expressions vieillies ou didact.). Se dit d'organes, de tissus diff√©renci√©s et sp√©cialis√©s, qui jouent un r√īle pr√©pond√©rant dans l'organisme. || Parties nobles, le cerveau, le cŇďur‚Ķ parfois les organes g√©nitaux. || Les reins, √©l√©ments nobles du syst√®me urinaire. ‚ÄĒ Par m√©tonymie. || Cellules (cit.¬†7) nobles.
14 Cependant, le chirurgien se préparait à visiter et à sonder les plaies (…) le coup n'avait fait que glisser au-dessous de la mamelle gauche, et n'offensait aucune des parties nobles.
A. R. Lesage, le Diable boiteux, XV.
‚ô¶ (1764). || M√©taux (cit.¬†3) nobles¬†: m√©taux pr√©cieux, inalt√©rables √† l'air ou √† l'eau (argent, or, platine). ‚ÄĒ Phys. || Gaz nobles, autre nom des gaz inertes, dits aussi ¬ę gaz rares ¬Ľ. ‚ÄĒ Comm. || Mati√®res nobles, non synth√©tiques (le bois, la pierre, la laine, etc.). ‚ÄĒ De haut niveau (activit√©s, √©tudes, etc.). || ¬ę Les sp√©cialit√©s, les plus ‚Äúnobles‚Ä̬†: √©lectronique, m√©canique, t√©l√©communications ¬Ľ (le Monde, 13¬†sept. 1969). ‚ÄĒ Tr√®s perfectionn√© (appareil, machine, arme, etc.). ‚áí Sophistiqu√©.
♦ (1690). Vx. Gramm. || Genre (cit. 20) noble, celui qui l'emporte sur un autre, le masculin par rapport au féminin, le féminin par rapport au neutre.
6 N.¬†m. (1580). Ce qui est noble. || Le go√Ľt du grand et du noble. || Pr√©f√©rer le noble au gracieux.
7 N.¬†m. (1360). Numism. Nom ancien de plusieurs monnaies d'or anglaises ou fran√ßaises. ‚ÄĒ (1475). Sp√©cialt. || Noble √† la rose¬†: monnaie anglaise ¬ę ainsi appel√©e √† cause de l'excellence de l'or dont elle est faite ¬Ľ (Fureti√®re) et frapp√©e √† l'effigie des maisons d'York ou de Lancastre, qui avaient pour embl√®me une rose.
15 (Le singe) D√©tachait du monceau tant√īt quelque doublon,
Un jacobus, un ducaton,
Et puis quelque noble à la rose (…)
La Fontaine, Fables, XII, 3.
‚ÄĒ‚ÄĒ‚ÄĒ
II (Apr√®s le nom, sauf en loc. archa√Įques).
1 (1216). ¬ę Qui est √©lev√© au-dessus des roturiers par sa naissance, par ses charges, ou par la faveur du prince ¬Ľ (Fureti√®re) et appartient, de ce fait, √† une classe sociale privil√©gi√©e (soci√©t√©s hi√©rarchis√©es, f√©odales, etc.) ou qui descend d'un membre de cette classe et peut en justifier (par des titres de noblesse). ‚áí Noblesse. || Charge qui pouvait rendre noble son titulaire. ‚áí Anoblir (‚Üí Avocat, cit.¬†6; chancelier, cit.¬†1). || N'√™tre pas noble. ‚áí Roture, roturier (‚Üí Na√Įf, cit.¬†9). || Des valets et leurs nobles ma√ģtres (‚Üí Fusain, cit.¬†1). ‚ÄĒ Une tr√®s noble famille japonaise (‚Üí Hara-kiri, cit.¬†1).
♦ Vx. || Noble homme : titre honorifique donné parfois à un simple bourgeois (→ Honorable, cit. 5).
♦ Par métaphore :
16 La langue était l'état avant quatre-vingt-neuf;
Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
Les Méropes, ayant le décorum pour loi,
Et montant à Versaille(s) aux carrosses du roi;
Les autres, tas de gueux, dr√īles patibulaires,
Habitant les patois; quelques-uns aux galères
Dans l'argot; dévoués à tous les genres bas (…)
Hugo, les Contemplations, I, VII.
2 N. (XIVe). || Un noble, une noble (rare). ‚áí Aristocrate, grand (II.), seigneur; condition, qualit√© (homme de). || Les nobles. ‚áí Noblesse. || Place √©minente (cit.¬†4) des nobles dans l'√Čtat sous l'Ancien R√©gime. || Insolence (cit.¬†7), privil√®ges des nobles. || Nobles et roturiers, nobles et vilains (‚Üí Ethnique, cit.¬†2). || R√©volte de paysans contre les nobles (‚Üí Jacquerie, cit.). || Ci (cit.¬†2) -devant noble. || Noble qui d√©roge (cit.¬†4). || Noble ruin√©, qui cherche √† redorer son blason. || Noble de fra√ģche date. || Faux noble¬†: bourgeois, roturier anobli de fra√ģche date ‚ÄĒ Noble portant un nom √† particule, un nom en ¬ę de ¬Ľ. ‚ÄĒ Nobles de la suite du roi. ‚áí Gentilhomme. || Jeune noble de l'escorte d'un prince. ‚áí Page. || Nobles de campagne. ‚áí Hobereau, junker. || Noble qui est fait chevalier. ‚ÄĒ Nobles d'Espagne (‚áí Hidalgo, menin‚Ķ), de Russie (‚áí Boyard)‚Ķ ‚ÄĒ Antiq. rom. ‚áí Patricien.
17 Les vrais Nobles sont les Nobles de race, de sang, d'extraction. Les nouveaux Nobles sont ceux qui ont été anoblis par leurs charges, par leurs emplois, et particulièrement par les militaires. Les Nobles par lettres, sont ceux qui ont obtenu lettres du Prince pour jouir du privilège des Nobles (…)
Furetière, Dict.
18 Le gouvernement aristocratique a par lui-même une certaine force que la démocratie n'a pas. Les nobles y forment un corps qui, par sa prérogative et pour son intérêt particulier, réprime le peuple : il suffit qu'il y ait des lois, pour qu'à cet égard elles soient exécutées.
Montesquieu, l'Esprit des lois, III, IV.
19 La plupart des nobles rappellent leurs ancêtres, à peu près comme un cicerone d'Italie rappelle Cicéron.
Chamfort, Maximes‚Ķ, ¬ę Sur la noblesse ¬Ľ, XXXVII.
20 Ces nobles de campagne √©taient des paysans comme les autres, mais chefs des autres. Anciennement il n'y en avait qu'un dans chaque paroisse¬†: ils √©taient les t√™tes de colonne de la population¬†(‚Ķ) et on leur rendait de grands honneurs. Mais d√©j√†, vers le temps de la R√©volution, ils √©taient devenus rares. Les paysans les tenaient pour les chefs la√Įques de la paroisse, comme le cur√© √©tait le chef eccl√©siastique.
Renan, Souvenirs d'enfance…, I, III.
21 Les nobles d'aujourd'hui sont des bourgeois honteux.
Bernanos, Journal d'un curé de campagne, p. 205.
22 (‚Ķ) l'aristocratie, avant d'√™tre une caste privil√©gi√©e, avait √©t√© un Ordre, si diff√©rent qu'il f√Ľt des ordres religieux. Les nobles, chefs de guerre jadis, avaient servi en grand nombre dans les arm√©es royales; hommes du combat et de la loi, ils avaient particip√© du caract√®re sacr√© du roi, et, quand ils n'en particip√®rent plus, furent balay√©s.
Malraux, les Voix du silence, p. 481.
3 Par ext. Qui appartient, qui est propre aux nobles, qui est caract√©ristique de leur √©tat. || Nom noble. || √ätre de naissance, de race, de sang noble. ‚áí Illustre; gentilhomme, lieu (de haut lieu), maison (de). ‚ÄĒ Oisivet√© des vies nobles. ‚ÄĒ || Grand seigneur qui affiche ¬ę le d√©dain le plus noble ¬Ľ (‚Üí Haut, cit.¬†99, Voltaire). ‚ÄĒ Dr. f√©od. || Biens nobles, fonds noble, correspondant √† un titre de noblesse. || Terre noble.
23 Ne rougissez-vous point de m√©riter si peu votre naissance¬†(‚Ķ) Croyez-vous¬†(‚Ķ) que ce nous soit une gloire d'√™tre sorti d'un sang noble lorsque nous vivons en inf√Ęmes¬†?
Molière, Dom Juan, IV, 4.
24 Leurs officiers le traitèrent avec respect. Un nom noble leur en impose, mais plus que tout autre celui des Orgel qui, dans leurs dictionnaires, occupe deux ou trois colonnes.
R. Radiguet, le Bal du comte d'Orgel, p. 32.
25 C'√©tait une Altesse. Elle ne connaissait nullement ma famille ni moi-m√™me, mais issue de la race la plus noble et poss√©dant la plus grande fortune du monde, car, fille du prince de Parme, elle avait √©pous√© un cousin √©galement princier, elle d√©sirait, dans sa gratitude au Cr√©ateur, t√©moigner au prochain, de si pauvre ou de si humble extraction f√Ľt-il, qu'elle ne le m√©prisait pas.
Proust, À la recherche du temps perdu, t. VIII, p. 57.
4 Vieilli ou littér. Qui est composé de nobles, occupé par des nobles. || Cavalerie noble. ⇒ Chevalerie. || Le noble quartier du Marais. || Le noble faubourg.
26 Les salons ¬ę nobles ¬Ľ d'aujourd'hui ne ressemblent plus √† ces salons-l√†. Le faubourg Saint-Germain d'√† pr√©sent sent le fagot. Les royalistes de maintenant sont des d√©magogues, disons-le √† leur louange.
Hugo, les Misérables, III, III, III.
27 Eh, vous avez donc des amis dans la garde noble ? Je vous soupçonnais, aussi, de faire des visites dans l'aristocratie locale.
Valery Larbaud, A. O. Barnabooth, Journal, II, 11 juin.
‚ĚĖ
CONTR. (Du I.) Abject, bas, commun, ignoble, inf√Ęme, mesquin, prosa√Įque, vil. ‚ÄĒ Avilissant. ‚ÄĒ Familier. ‚ÄĒ Cru. ‚ÄĒ (Du II.) Bourgeois, roturier, vilain.
D√ČR. Noblaillon, noblement, noblesse, nobliau.
COMP. Anoblir, ennoblir. Garde-noble.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • noble ‚ÄĒ NOBLE. adj. de tout genre. Qui est √©lev√© par dessus les roturiers, ou par sa naissance, ou par des Lettres du Prince. Il est noble par sa naissance. noble de naissance. noble d extraction. de noble sang. de race noble. noble de race. noble de… ‚Ķ   Dictionnaire de l'Acad√©mie fran√ßaise

  • Noble ‚ÄĒ No ble, a. [Compar. {Nobler}; superl. {Noblest}.] [F. noble, fr. L. nobilis that can be or is known, well known, famous, highborn, noble, fr. noscere to know. See {know}.] 1. Possessing eminence, elevation, dignity, etc.; above whatever is low,… ‚Ķ   The Collaborative International Dictionary of English

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  • noble ‚ÄĒ ‚Ėļ ADJECTIVE (nobler, noblest) 1) belonging to the aristocracy. 2) having fine personal qualities or high moral principles. 3) imposing; magnificent. ‚Ėļ NOUN 1) (especially in former times) a person of noble rank or birth. 2) ‚Ķ   English terms dictionary

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